La péritonite infectieuse féline. (PIF)

Décrite pour la première fois dans les années 50, la PIF (Péritonite Infectieuse Féline) est la principale cause de mortalité infectieuse des chatons en collectivité. La maladie continue à poser de réels problèmes aux éleveurs et aux vétérinaires, en particulier à cause de l'absence de traitement et de vaccins efficaces, mais aussi à l'impossibilité très souvent de poser un diagnostic de certitude. (Nous utilisons cependant pour nos chats, le vaccin Primucell Fip et ceci depuis 1992 et nous avons dans notre élevage des résultats négatifs 0 sur nos chatons à condition de faire la vaccination entre 3 mois et demi et 4 mois, juste lorsque l'immunité de la mère cesse son efficacité sur la protection du petit).
L'absence de méthode de dépistage efficace et rapide a également contribué à compliquer la maîtrise et la gestion de l'infection dans les chatteries.
Cet article a pour but de faire le point sur les nouveautés en matière de diagnostic et de dépistage de la maladie à la lumière des derniers travaux, après avoir rappelé les principales particularités de cette maladie qui la rendent si déroutante.


" QUELQUES EXTRAITS D'ARTICLES PRIS DANS LE VF NEWS, LE PREMIER JOURNAL DES ANALYSES VETERINAIRES"

Une maladie complexe au diagnostic difficile.

 Un agent infectieux pas complètement identifié

On distingue 2 formes cliniques générales, la forme humide (environ 75 % des cas) et la forme sèche (environ 25 % des cas). Mais excepté la forme oculaire stricte, la PIF est mortelle dans tous les cas.
L'agent infectieux responsable est un coronavirus félin, virus enveloppé à ARN, pathogène pour les félidés sauvages et domestiques. Ce sont précisément les propriétés biologiques de l'agent infectieux qui compliquent le tableau clinique et pathologique ; ou plutôt des agents infectieux.
En effet, réduire la PIF à une maladie causée par un seul coronavirus est beaucoup trop simpliste. On distingue en fait 2 biotypes (ou pathotypes) selon les symptômes observés après infection :
Les souches FIPV (Feline Infectious Peritonitis Virus) opposées aux souches entéritiques FECV (Feline Corona-Virus).
Par définition, les premières entraînent la maladie appelée PIF alors que les secondes sont à l'origine de diarrhées généralement bénignes.
 

Un chat infecté développe rarement la maladie


Une des particularités de la PIF est que malgré une transmission facile et rapide des coronavirus félins, les cas cliniques de PIF sont relativement peu fréquents au sein d'une collectivité. On note en effet qu'en moyenne seulement 1 à 5 % des chats séropositifs dans un élevage développent la maladie. Ceci tente à prouver qu'un taux de contamination élevé ne suffit pas pour expliquer ou prévoir l'apparition et la transmission de la maladie ; d'autres facteurs paraissent indispensables pour son déclenchement.
Une sérologie positive ne semble donc pas constituer un facteur de risque.

 

Une clinique souvent insuffisante pour conclure


La similarité clinique de la PIF avec d'autres maladies félines rendent le diagnostic clinique très difficile quelle que soit la forme déclarée. Les symptômes généraux observés sont souvent frustres et les signes cliniques caractéristiques correspondent à de nombreuses autres pathologies.
Seuls des examens complémentaires sont susceptibles d'orienter le praticien lors de sa démarche diagnostique. Le seul examen permettant actuellement de poser un diagnostic de certitude est l'analyse anatomo-pathologique réalisée du vivant de l'animal à partir de biopsies, ou post-mortem.

 

Les tests sérologiques: un intérêt limité mais pas négligeable


Les problèmes liés à l'interprétation des résultats des tests sérologiques, conséquences directes de leur manque de sensibilité et de spécificité, ne doivent pas pour autant les écarter des examens complémentaires à effectuer. Il n'existe certes jusqu'à ce jour aucun test capable de distinguer les différentes souches de coronavirus, en particulier les FECV des FIPV, ni les infections récentes de celles plus tardives

L'ELECTROPHORESE: UN EXAMEN DE CHOIX


L'électrophorèse des protéines à partir de sérum ou de liquide d'épanchement est une analyse riche d'enseignements ; l'obtention de résultats caractéristiques permet dans la grande majorité des cas une confirmation de la suspicion clinique de PIF ; elle demeure en outre facile à réaliser et généralement à un prix modéré.
Les nombreuses difficultés diagnostiques de la PIF ont depuis longtemps incité les équipes de chercheurs à mettre au point une méthode de diagnostic fiable à 100 %, qui puisse être en même temps réalisable en routine. Ce type d'analyse n'existe pas encore tout à fait, mais certaines sont assez intéressantes pour être citées, en particulier l'AGP.

 

L'AGP (a1Acid Glycoprotein)


Une équipe de vétérinaires de l'université de Glascow a démontré l'intérêt de ce marqueur inflammatoire pour le diagnostic de la PIF.
Ils ont ainsi établi qu'un taux d'AGP supérieur à 1,5 g par litre de sérum, de plasma ou de liquide d'épanchement était significativement plus élevé chez des chats à PIF que chez d'autres sans PIF mais avec des symptômes similaires. Ce marqueur se révèle ainsi plus fiable que le ratio albumine/globulines ; son intérêt est d'ailleurs plus grand lors de la PIF sèche.
Comme l'électrophorèse, ce test pèche par son manque de spécificité ; on peut effectivement observer des taux élevés d'AGP pour d'autres maladies. Néanmoins, un faible taux d'AGP permet d'exclure la PIF dans la majorité des cas.

 

Information sur mon élevage

Depuis 13 ans tous nos chats sont testés et vaccinés. (voir les résultats de Zébrine qui est née en 1992, 1er test et 1ère vaccination et en 2002 après 10 ans de vaccination).
Tolérance du test négatif 0 est naturellement l'optimal,  les tests de 1/25 jusqu'à 1/100 sont tolérés, par contre 1/400 deviennent critiques et plus comme 1/1600 sont à bannir d'un élevage. Cela ne veut pas dire qu'il faut tuer les chats, il vaut mieux les stériliser et les placer, surtout ne pas continuer de reproduire avec des chats positivement élevés même s'il ne sont pas malades. Le risque est fort de développer la maladie chez les petits.

Un site super intéressant

http://www.dr-addie.com/French/indexfr.htm

       http://www.laupeneck.ch/d/infobl/pdf/d_fip.pdf

Copyright Anouchat

Mise à jour le 28.01 2005